mercredi 13 avril 2011

Difficile différence des sexes

Beaucoup de jeunes couples se séparent alors qu’ils vivent ensemble depuis des années et qu’ils ont un ou plusieurs enfants. Que se passe-t-il donc pour que la vie commune leur devienne impossible à continuer ?
Aujourd’hui, l’amour est le fondement essentiel de la vie de couple à ses débuts. Le critère prioritaire est le bonheur amoureux, une affaire entre eux deux qui reste du domaine privé. C’est la naissance de l’enfant qui inscrit cet amour dans la sphère publique, souvent avant le mariage proprement dit.
Lorsqu’ils ne sont pas mariés ni même pacsés, ils n’ont pas inscrit leur vie dans un cadre protecteur qui les aide à traverser les difficultés inévitables. L’union libre a l’inconvénient ne de pas leur faire poser un engagement explicite l’un vis-à-vis de l’autre et vis-à-vis de la société, qui marquerait clairement leur nouvelle appartenance et leur séparation symbolique d’avec leurs familles d’origine.
Mais quand ils sont mariés ? Ils ont vécu plusieurs années ensemble et ils se séparent malgré tout, quelquefois rapidement après le mariage. C’est toute la communauté qui les entoure qui est en deuil, les maires qui les ont mariés civilement, les prêtres et ceux qui les ont préparés au sacrement de mariage, leurs enfants qui sont les grands perdants dans cette séparation, les familles qui ne savent plus que dire et que faire.
S’aimer est une aventure qui se construit. Cela ne va pas sans crises et découragements. L’amour ne peut pas rester basé sur l’état amoureux du début. Il se transforme et s’enrichit, avec en particulier l’acceptation de la différence radicale qui existe entre chacun. Entre un homme et une femme, la différence des sexes excite le désir et l’attrait au début de la rencontre amoureuse. Elle peut devenir ensuite ce qui les sépare. L’autre devient incompréhensible, étranger, et même le dialogue ne permet plus de se rencontrer.
Notre époque favorise la conviction que les hommes et les femmes peuvent avoir des rôles et des places interchangeables. La différence des sexes est considérée comme un produit culturel et une norme imposée dès l’enfance, les tâches traditionnellement réparties à chacun devant être redistribuées à égalité. Dans cette logique, les nouveaux couples ont tendance à redéfinir comment vivre ensemble dans une négociation permanente qui les sépare et les fatigue.
Pour pouvoir rester ensemble en continuant à s’aimer, ils vont devoir découvrir et accepter progressivement qu’ils sont différents l’un de l’autre, non pas pour les activités de la vie quotidienne mais en profondeur, dans leur rapport au monde et dans leur place respective l’un par rapport à l’autre,. C’est toute leur vie amoureuse et familiale qui en est alors transformée, dans une ouverture au mystère et à l’imprévu de l’autre, des enfants, de tous les autres.
Les jeunes couples inventent une nouvelle manière d’aimer et de durer. Le tissu familial et social peut-il les aider dans cette période de changements ?

Faire le deuil après un divorce : un passage obligé pour se reconstruire.

Le divorce provoque une profonde blessure. C’est l’équilibre de l’être profond qui vacille. Il oblige à entreprendre un travail de deuil. C’est à chacun de décider de la manière dont il traversera ce temps de deuil. Mais plus ce dernier se fera de manière consciente et participante, plus il sera bénéfique. Il faut d’abord revoir le passé avec ses souffrances et s’adapter en apprenant à vivre dans la nouvelle situation engendrée par la perte. Ce travail est fait d’étapes (cf « Aimer, perdre, grandir » de Jean Monbourquette, théologien, psychologue canadien. Ed.Bayard) et au pas de chacun. Travail qui se pratique dans différents groupes depuis plusieurs années et qui porte ses fruits : je peux personnellement en témoigner. Il comporte sept étapes :
1 – Le choc qui souvent paralyse. Cette étape doit-être passagère car elle détruit.
2 – Le déni. On refuse la réalité et la souffrance qui en résulte : « Ce n’est pas vrai, je vis un cauchemar » Nier la douleur peut entraîner une dépression. Par bonheur, elle s’avère passagère si l’on en prend conscience.
3 – Laisser vivre ses émotions. Que ce soit la colère, la révolte, le sentiment d’injustice, la jalousie, la rage et les ressentiments divers, laissons-les suivre leur cours pour mieux s’en libérer. La culpabilité, plus profonde, peut entraîner vers la dépression, Si cela se prolonge, il est parfois nécessaire de se faire aider par un professionnel.
4 –Accepter l’inévitable et prendre en charge la réalisation des tâches. A cette étape, il convient de poser des actes concrets : prendre contact avec un avocat, problèmes juridiques multiples. Toutes ces tâches accomplies accélèrent la guérison.
5 – Découvrir le sens de la perte. Pourquoi en sommes-nous arrivés là dans notre couple : qu’est-ce qui nous a empêchés d’être heureux, comment s’est détérioré notre relation, quelle est ma part de responsabilité dans la rupture? Après acquis des données sur soi, il est intéressant de chercher les moyens de pallier à ses défauts et faiblesses, sans regarder en arrière ; il est important de se redéfinir comme personne, de découvrir ses désirs, de bâtir son autonomie et de savoir ce que l’on veut faire de sa vie.
Il n’est pas de perte qui ne puisse se traduire en gain, surtout en maturité et croissance personnelle
6 – Se pardonner et pardonner à l’autre. Après un sérieux regard sur soi, nous constatons que nous avons eu aussi quelques torts par rapport à notre ex-conjoint.. Il faut en prendre conscience afin de ne pas reproduire cet échec. Il faut se pardonner à soi-même, s’accepter et petit à petit lâcher les ressentiments vis à vis de celui ou celle qui nous a blessés.. C’est la grâce du pardon qui nous est donné avec l’aide de la prière et souvent d’un groupe de parole.
7 – Récupérer son héritage. Le deuil est maintenant terminé. Nous pouvons alors rechercher ce qui reste de positif dans notre vie commune :
Personnellement : c’est l’ouverture que je porte en moi sur le monde, la stimulation intellectuelle que mon ex-conjoint m’a communiquée et la joie que m’apporte nos enfants et petits enfants
Après ce chemin de vérité, toute vie peut renaître et ouvrir un véritable avenir.

Jeune, construire une famille dans la précarité

Il y a une grande précarité affective chez les jeunes. Les jeunes de milieux populaires sont en manque de reconnaissance. Ils vivent la vie affective comme un moyen d’être reconnu par l’autre et par la société. Mathieu 22 ans a demandé à sa copine, avec qui il était tout juste en couple, de lui faire un bébé. Au moins, ça, il ne pourra pas le rater dans sa vie comme il a raté le reste. Il a fait 2 enfants à 9 mois d’écart, avec deux femmes différentes. La passion amoureuse est survalorisée par les jeunes, ils en sont dépendants, cela les conduits à des actes peu respectueux des autres et d’eux-mêmes
Les causes de la précarité affective Si la passion prend le dessus au point de conduire à ce genre de comportement c’est pour 2 raisons. D’abord le manque de repères. Il y a une reproduction des mauvaises pratiques de générations en génération. Romain a peu confiance en lui. Il ressent le besoin d’être en couple mais ses parents étant divorcés, il ne croit plus en la famille, en l’amour. Les parents ne sont pas ceux avec qui ils peuvent parler de leur vie affective. Ils en parlent avec d’autres jeunes qui ne peuvent pas forcement apporter des repères. Ensuite, l’impossibilité d’assimiler ces repères. Ils vivent dans la précarité professionnelle. C’est l’instabilité. Cette instabilité interdit aux jeunes de voir leur vie à long terme : « comme je ne peux pas construire l’avenir je mise tout sur le présent ». Marion et son ex : il a plaqué son travail pour la rejoindre dans une autre région. Ils n’ont pas pris le temps de réfléchir au couple.
La famille vue par les jeunes__ Quand on demande aux jeunes : « De quoi tu rêves pour 2015 ? », leur 1ère réponse est « Fonder une famille ». Les jeunes de milieux populaires vivent la famille, le couple sur le mode « consommation » et non sur la construction. Mais ils ne veulent pas le vivre comme ça ! Ils rêvent d’une vie de famille stable et épanouie. Ils rêvent d’enfants et pas à 35 ans ! Paul et Céline sont ensembles depuis leurs 14 ans. Ce sont deux jeunes précaires. Mais leur histoire, elle marche !
Perspectives pour la JOC et l’Eglise La JOC veut permettre à chaque jeune de vivre heureux et épanoui dans sa vie personnelle et collective. Nous pensons qu’il est essentiel de construire une vie de famille stable et responsable. Nous agissons pour mettre fin aux contrats précaires et renforcer l’accompagnement vers l’emploi des jeunes.
La priorité de la JOC est d’offrir aux jeunes la possibilité de se poser et de réfléchir à la construction d’une vie de couple, notamment à travers la Révision De Vie, les temps "vie de couple", l’accompagnement personnel et les permanences RJS (Relais Jeunes Solidaires).
L’Eglise doit avoir pour 1ère priorité de mettre fin à l’instabilité professionnelle des jeunes. Les jeunes ont certes besoin que l’Eglise leur donne des repères moraux. Mais on ne compense pas un excès de passion par un excès de raison (morale, avertissement…). Il faut des lieux pour faire la balance, prendre le temps de se projeter dans un projet de vie et apprendre de ses erreurs…
Marie Chateigner
Marie Chateigner, 26 ans vit en couple, sans enfant. Elle est Secrétaire Nationale à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), en charge de la formation.

mercredi 16 mars 2011

L'amour c'est comme une pyramide à 3 faces

L'amour c'est comme une pyramide à 3 faces
- Une face pittoresque, fascinante. C'est la face du désir... La face de la
pulsion charnelle.
- Une face plus austère… C'est la face de la volonté, de la générosité, du don
de soi
- Une face douce, poétique, ombragée… C'est la face de la tendresse.
Si une face manque la pyramide s'effondre !


MON MARI N’EST PAS BAVARD… JE SENS QUE NOUS
COMMUNIQUONS DE MOINS EN MOINS !...


Parler…Communiquer…est-ce vraiment la même chose ?


C’est vrai que nous n’avons pas les uns et les autres les mêmes facilités de
parole. Peut-être votre mari n’a-t-il jamais aimé beaucoup parler… et le
couple prend au fil du temps des habitudes de silence.
Or le silence est toxique ! Sources de frustrations (j’aimerais qu’il sache…),
d’interprétation (je sais ce qu’il pense), de malentendus (je croyais que tu
pensais …), il ne peut qu’handicaper notre vie de couple, qui est avant toute
chose
 
Attention… Parler, c’est bien, communiquer c’est mieux !

pas la même chose.
La communication véritable passe par l’expression de son propre ressenti : «
j’aime quand tu t’habilles comme cela… » … « Cela m’a fait de la peine quand
tu m’as dit telle chose ».
Dire ce que je ressens me permet d’exprimer ce qu’il y a en moi, sans tomber
dans un échange « ping-pong » de réactions à l’emporte-pièce, souvent
agressives, de reproches ou de formules toutes faites du type : « tu ne
ranges jamais » … « tu décides toujours … »
Mais la communication suppose
capable de l’écouter vraiment, jusqu’au bout ? De faire résonner en moi ce
que j’entends? Saurons-nous en tenir compte pour avancer ensemble ? Pour
nous pardonner mutuellement ? Pour sourire, peut-être, ensuite, de notre
différend ?
L’éducation des enfants, la sexualité, les petites ou grosses difficultés de la
vie quotidienne, notre différence homme / femme, … autant de sujets qui
peuvent fâcher, ou en tous cas qui nous amènent à confronter, ajuster nos
idées et points de vue.
C’est tout cela la vie de couple… Apprendre à communiquer, c’est nous dire
que nous ne savons pas tout de l’autre ; c’est prendre
Et ce n’estdeux interlocuteurs : si l’autre parle, suisjedu temps à deux
pour entrer véritablement en relation ; c’est nous donner des éléments pour
faire de nos différences une richesse
pas seulement l’un à côté de l’autre !
; c’est avancer ensemble, et non
relation.

mardi 18 janvier 2011

LE MARIAGE A L'EGLISE

Le mariage, un engagement fou, mais aussi une liberté nouvelle...






Un engagement fou ...







Croire que l'autre vaut la peine d'être aimé...
Croire qu'à deux on est plus fort...
Croire que la vie pour l'autre est mieux que la vie pour soi...
Découvrir la force d'une parole donnée...
Faire un pari sur soi-même...
Rendre grâce pour les dons reçus (pour soi, par l'autre...)
Découvrir qu'au delà de ses faiblesses et de ses manques, on peut être digne d'amour et capable d'aimer...
Croire que Dieu nous aidera dans les temps difficiles...





Une liberté nouvelle ...






Se choisir, c'est être libre...
Vouloir aimer, c'est se libérer de son désir parfois pulsionnel...
Pour s'inscrire dans une dynamique d'Amour qui dure...*
 
 

                    Le sacrement de mariage



Le mot « mariage » désigne non seulement l'inauguration d'un état de vie mais cet état de vie lui-même. Disons même que l'on entre progressivement dans le sacrement.
Souvent considérés engagés l'un vis à vis de l'autre, en privé, beaucoup de couples désirent cependant prendre cet engagement "devant Dieu" … Dieu n'est pas seulement un témoin privilégié, il s'engage lui aussi, auprès d'eux, dans l'alliance qu'ils font ensemble à deux, et ensemble avec lui.
Dans leur communion de vie, Dieu est présent : c'est le sacrement.

Le jour de la célébration à l'église, les mariés vivent déjà la totalité de leur mariage.
De même que le mot « mariage » désigne non seulement l'inauguration d'un état de vie mais cet état de vie lui-même dans toute sa durée, de même le sacrement s'étend-t-il à toute la vie du couple. Disons même que l'on entre progressivement dans le sacrement.
C’est certainement au cours des années de mariage, que les époux en découvriront la permanence et la richesse, qu’ils en comprendront la plénitude, qu’ils apprendront à percevoir la présence du Christ ressuscité dans le quotidien de leur vie.
La « déclaration d’intention », rédigée par les mariés pour la célébration, porte des facettes du projet de vie.
La notion de sacrement elle-même peut être comprise de façon quelque peu magique.
Lorsque nous parlons de « gestes qui signifient et réalisent », reconnaissons que nous ne sommes pas loin de la magie, définie par Freud comme « croyance en la toute puissance des mots ou des gestes ».
Comme tout sacrement, le sacrement de mariage est " une rencontre avec Dieu à partir d'une réalité humaine vécue " ... en l’occurrence la communion d'amour entre un homme et une femme, qui se fonde sur le oui de l'engagement.
Ce n'est pas seulement ce oui, mais toute la vie des époux qui devient lieu de rencontre avec Dieu "c'est la vie conjugale, l'échange mutuel des époux dans la durée de leurs existences conjuguées qui est la matière du sacrement et non seulement le oui initial".
Tout n’est pas fini quand le rite sacramentel a été posé, quand la célébration se termine. Au contraire tout continue et quelque chose de neuf commence, qui va se déployer tout au long de la vie. …
Une parole peut être dite après le rite, qui ne pouvait pas l’être avant.


C'est toute la vie de tendresse entre les époux, sous ses formes variables à travers la durée, qui va incarner le sacrement, lui donner chair, l'entretenir comme on entretient un feu.
Le langage des gestes, qui est le langage du désir, confirme la vocation des corps à exprimer l'alliance.
La caresse, l'étreinte, le baiser, la relation sexuelle disent l'accueil et le don réciproque, l'apprivoisement des corps toujours renouvelés, l'ouverture à l'autre et la douceur de l'enveloppement mutuel, la plus grande des proximités sur fond d'expérience de la différence. L'union des corps est aussi réconciliation avec la vie, ressourcement, moment de jeu, de fête et de repos au milieu des difficultés de l'existence.
L’engagement dans la durée participe à un ajustement personnel et de couple qui « se fait » progressivement.
L’écoute, un véritable dialogue, l’amour gratuit - reçu, donné sans attente - participent à une dynamique de croissance. L’homme et la femme évoluent alors de plus en plus et de mieux en mieux dans « qui ils sont véritablement ».
Tout se passe comme si les conjoints, en consentant l’un à l’autre, étaient introduits dans une dimension nouvelle de l’amour ; l’amour comme don, sans retour, acte gratuit dont le psychisme humain, par ses propres ressources, est si peu capable …
Entrer dans un dynamisme qui dépasse les ressources du désir et de la volonté. Recevoir l’amour d’une source invisible créatrice, divine. Découvrir que l’amour n’est pas seulement don mais donné, que nous recevons le mouvement même par lequel nous nous donnons.
La tradition chrétienne appelle Agapé ce pur mouvement de don qui vient de Dieu, qui est la vie divine elle-même.
C’est ainsi que, progressivement, discrètement, peut être comprise la présence de Dieu dans les relations.
Dans le oui à Dieu, Dieu se donne. Le oui à Dieu est aussi oui de Dieu, qui vient habiter le consentement, lui donner vie et consistance. Dieu peut être reconnu comme le Tiers dans la relation. …
Cette perspective est le chemin de foi qui donne une signification à tous nos actes, nos décisions qui se veulent aller dans le sens de cette dynamique d’Amour…

Les conjoints n’en sont pas les seuls sujets, le sacrement est aussi un acte de l’Eglise elle-même qui, à travers lui, s’engage, se reconnaît et se construit.
La mission du couple s'étend au-delà des quatre murs de l'appartement. Le couple et la famille en tant que tels ont une mission vers l'extérieur : accueil, témoignage, entraide, liturgie, catéchèse, etc.
Du corps des époux au corps familial et de celui-ci au corps ecclésial et social, la dynamique du sacrement est aussi une dynamique d'intégration et de service.…

Entre le mariage humain et l'Alliance divine, a lieu un va-et-vient.
Le mariage révèle un aspect de Dieu et Dieu révèle la vérité du mariage.
L'alliance et l'Alliance s'éclairent mutuellement.




Extrait emission "Mode de vie " TF1
Chauvigny Juin 1997

Les mains ouvertes devant toi